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Suivant nonchalamment une sente oubliée, entre les arbres torturés par le vent, il me semblait entendre des murmures d’hommes d’autrefois.

Ces voix lointaines, mêlées au chant de la terre, étaient à mon cœur une complainte de prisonniers. Mélopée d’autant plus cruelle, libre que j’étais de l’ignorer. Je n’en fis rien. bien me pris. Plus attentif, les mots se firent plus clairs, porteurs qu’ils étaient d’un indicible espoir. Des paroles fières, des paroles d’amour. Les rumeurs de la guerre, le souvenir d’un foyer.

Liberté, liberté entonnaient-ils. Nous étions les premiers, de la France libre, de la France éternelle. Sur les chemins de Corrèze nous avons lutté et sommes morts pour que tu vives et que vive la Patrie, nous oublieras-tu pour que meure la France ?

L’empire n’est plus me dis-je, les canons se sont tus !

Le chant se fit plus terrible et plus beau, dur comme ces pierres que l’on voit sans regarder, éternelles sentinelles du temps qui passe.

L’empire n’est plus d’acier, il est d’argent et d’autant plus fort qu’il est omniprésent ! Ceux qui collaborent ont pris nôtre lutte en otage contre rançon. Prends les armes fils de France et combats à nos côtés, ceux qui renient au nom de la finance, le prix du sang versé.

Ces stances aux allures de prophétie venaient-elles du lieu, ou plus simplement de mon être, le saurai-je un jour ?

Si dans quelques décennies, à la condition expresse que mes excès divers ne m’aient emporté, et que l’éducation multinationale n’ait pas définitivement fait disparaître ces mots de nôtre vocabulaire déjà cruellement amputé, j’entends prononcer les mots Patrie et Liberté dans la même phrase, alors, j’aurai ma réponse.

José DINUCCI, Conseiller Régional RN Nouvelle-Aquitaine,

Délégué Départemental de la Fédération de Corrèze